dimanche 22 décembre 2013

Salut volwest




Que ce soit pour des questions pratiques, des précisions, des critiques ou juste pour matérialiser un lien…tout au long de l'année ma boite électronique récolte et organise nos échanges…et pour cette fin 2013, je voulais partager avec vous quelques lettres "nourricières".

Nourricières parce qu'elles expriment avant tout la germination intelligente d'une structure résiliante, indépendante et autonomiste, mais nourricière surtout parce que ces lettres représentent pour moi un point fixe immuable et fortifiant dans ma démarche.

L'idée de ce partage de fin de cycle n'est pas de recevoir des compliments, des remerciements ou des éloges…mais de tout simplement vous laisser la place de témoigner, avec vos mots, de certains changements, qu'ils soient internes ou externes.

Ces changements peuvent être fondamentaux, mais le plus souvent, leurs natures sont d'une subtilité qui n'est que très rarement exploitée par le haut parleur déformant des médias de masse concernant le survivalisme.

Pas de bunkers ici, de bouleversements "fin du mondiste", de déséquilibres socio-logiques ni de transformations psychologiques radicales et aliénantes…mais par contre, et au travers de ces subtilités d'approches, de raisonnements ou de logistiques familiales, une plus grande assise émotionnelle, une plus grande résilience, une plus grande cohésion et une plus grande sérénité.

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- Hello Vol West,

Je te remercie, car graçe aux vidéos maintenant :

Je cultive quelques plantes alimentaires dans mon jardin et j'aime !
J'ai une vision plus optimiste.
J'ai l'impression d'être plus a même de protéger ma famille.
J'ai trouvé le prolongement de ma profession (militaire) dans un cadre civile: "survivalisme".


- Salut Volwest,
Je te raconte ce que tu m'a apporté !

Récemment, notre chien est tombé malade, la voiture en panne et d'autres dépenses imprévues.
J'avais plus rien sur mon compte et atteint mon plafond de découvert a la banque.
Les réserves que j'ai constitué m'on permis de finir mon mois, avec ma femme et notre fille.

J'avais de l'argent de côté, mon "fond d'urgence".
J'ai acheté les couches et le lait pour notre fille et quelques provisions.

La résilience dont je commence a faire preuve m'a beaucoup aidé.
Au final je n'ai plus de stock mais je me suis rendue compte que ce que j'avais de côté et que je prévoyais pour 1 mois ne m'a servi que pendant deux semaines.
Mais c'est deux semaines ou je n'avait plus rien et ou tes conseils m'on permis de rester la tête haute.

Je voulais te faire garder espoir et j'espère que ce message a réussi a te donner la fois pour continuer ton travail, encore merci.

Bonne soirée a ta famille et stay safe.

Ps: tes articles sur la permaculture m'aide aussi : mes fraises arrives, les tomates aussi !


- Salut vol,

J'en profite tant que je bénéficie d'une connexion. Dans moins d'une semaine je déménage à 800 km plus au sud. Pourquoi je te dit cela ? Parce que durant quelque jours pour faire ma reconnaissance du secteur, j'ai évalué les risques naturels, technologiques et socio de mon futur lieu d'habitation. C'est devenu un réflexe et ce depuis que je suis ton blog. 

Cela fait deux ans et durant cette période pas mal de choses ont changés. J'ai redéfinis mes priorités, repensé mes savoirs faire et recentré mes objectifs. 

Depuis quelques jours je suis devenu père d'une petite fille. Il y a encore deux ans je n'aurais pas envisagé cet avenir de manière sereine, voir totalement dans l'ignorance. Aujourd'hui j'envisage les choses plus calmement. 

Avec ton aide sur ce qui était pertinent (et souvent tellement évident) j'entame un nouveau tournant. Pour ces changements, pour cette aide à penser et pour toutes ces habitudes de vie qui m'évitent d'être pris au dépourvus, je te dit merci !


Salut vol,

Depuis que j'ai commencé les démarches de faire des stocks et d'apprendre à cultiver moi même certains légumes, j'ai en permanence 450l d'eau dont je fais un roulement.

En avril de cette année, le réseau d'eau de ma ville a été pollué par du purin qui s'était déversé dans le réseau. Travaillant dans un magasin alimentaire, j'ai pu constater qu'en à peine 3 heures, les stocks que nous avions en eau (0.5l, 1l, 1.5l, et 5l) ont été vidé, soit en général l'équivalent de 6 000L d'eau.

De ce fait j'étais bien content d'avoir mes réserves, et ma famille commence à mieux comprendre mes démarches et commence à m'accompagner dans celles-ci.

Cordialement a vous.


- Salut Volwest,

J’avais 20 ans et je croyais au concept de la préparation « juste au cas où »… Certains en riaient, d’autres me croyaient un peu parano et trop insécure; la plupart m’ignoraient en se disant que « ça allait passer ».  
Récemment, via Internet, en faisant une recherche Google sur le survivalisme et après avoir regardé une émission télé à ce sujet, je découvre non seulement qu’il y a d’autres personnes comme moi,  mais surtout que certains parmi eux font un excellent boulot en transmettant leurs connaissances du sujet.  Révélation à 52 ans !!!
Votre façon structurée et claire de décortiquer chacun des sujets rend l’acquisition des connaissances agréable et aisée.  On a beau dire, même si vous habitez dorénavant le Montana, votre origine française fait de vous un orateur hors pair.  

De plus, votre façon de traiter du sujet demeure humaine et réaliste. 

Je complète depuis lors mon sac d’évacuation en me basant sur vos suggestions.  Je prévois de faire un jardin au printemps prochain. J’ai acheté des barils pour amasser l’eau de pluie. Je mets de côté quelques trucs ici et là, etc.  Encore beaucoup à faire mais la roue s'est mise à tourner.

A vous monsieur, un grand merci !


- Salut Vol,

Je suis gendarme dans une petite ville des alpes, et cela fait désormais plus d'un an et demi que je suis avec intérêt ton travail, vidéos et articles ainsi que ton livre "rues barbares". Très intéressé et dans une démarche visant à minimiser les risques au maximum par la prévention et la préparation, je trouve toujours de quoi améliorer mes systèmes et mes connaissances sur ton blog. 

Je vois et je vis au quotidien des situations parfois difficile, souvent dramatique, et je sais que bien souvent cela pourrait être évité grâce à une bonne préparation et des connaissances rudimentaires dans certains domaines. Je fais donc "l'apologie" de ce mode de vie et de cette façon de penser dans mon entourage de manière à véhiculer une bonne image du monde "survivaliste", et pour qu'un maximum de monde soit préparé aux éventualités du quotidien.

Pour tout ce que tu fais je voulais simplement te dire un grand MERCI et te souhaiter une bonne continuation !

Amicalement.


- Salut,

Je suis français, on ne se connait pas mais je t'écris juste pour te remercier, ton blog est vraiment instructif. 

Tu vas pas le croire mais tu as changé ma vision du monde en quelque sorte ! Je pensais être quelqu'un de prévoyant et en découvrant ton blog j'ai pris une sacrée claque. Il y a 6 mois encore je ne savais pas ce que voulait dire "survivaliste", je ne savais même pas que ce terme existait ! 

Je suis tombé sur ton blog en surfant sur le net par hasard. Depuis j'ai souvent regardé tes vidéos, j'ai lu ton livre, et jamais je n'aurais imaginé être aussi "bisounours", jamais non plus je n'aurai imaginé que quelqu'un puisse changer ma façon de voir les choses à ce point, et encore moins un mec :) ! Bref j'ai une femme et deux enfants en bas âge et je suis bien content d'avoir croisé ta route même virtuellement.

Continue comme ça c'est vraiment intéressant.

PS : tes vidéos sans commentaires dans la nature sont vraiment sympa, ça donne envie de venir vivre par chez toi.


- Bonjour Vol west,

Je m'appelle F. et j'habite dans le sud de la France plus précisément à Narbonne, dans l'Aude non loin de la frontière espagnole. Je viens de connaitre avec ma femme enceinte ma première évacuation suite à un énorme incendie.

Je suis assidu du blog, Youtube.....et tes conseils m'ont servis.
Merci beaucoup pour ton travail.
Cordialement


- Bonjour l'ami.

Au début ma femme et moi on s'intéressaient à la survie. Genre, si on se perds dans la verte.
Par hasard nous sommes allé sur ton blog, on a regardé, on s'est remit en question ... On s'est dit qu'il ne faut pas se perdre dans la verte pour être en "situation de crise".

On en a parlé. On a adopté.

Je vais te raconter quelque chose, qui grâce à toi m'as aidé a comprendre une phrase.
Un après midi, mon grand-père reçoit un ami, j'avais 6 ans. Son ami avait une bouteille dans la main. Ils sont descendues dans la cave de mon grand-père. Mon papi ouvre une porte où je n'avais jamais le droit d'entrer. La pièce était simple, rectangulaire avec plein d'étagères, quelques légumes de garde, bouteilles de vins. 

Le mur du fonds était recouvert d'étagères, dont une remplie de bocaux vide, etc... Derrière il y avait une porte où se trouvait une autre pièce, bien fermée. Avec armes, munitions, grand vins, énormément de bocaux remplis, etc ...

J'ai juste dis ça : Waow, pourquoi tu as tout ça ???
La seule réponse que j'ai eu, c'est:
Ca se voit que tu as pas connu la guerre, toi!
Et ils ont comparé leurs bouteilles pour savoir qui la conservera le mieux.

En suivant ton blog, je comprends mieux. Mon grand-père avait connu la guerre, la famine qui va avec et je n'ai pas envie de faire connaitre ça à mon fils.

En regardant bien, je reste très sceptique sur l'avenir. Ce n'est pas que je crois à une guerre mais simplement un "imprévu très important" est possible. J'encourage mes amis à faire de même.

Pour te raconter une autre histoire:
Un couple d'ami se sont se retrouvé au chômage les deux. Avec le temps, plus de revenu. Ils ne m'ont jamais rien demandé, si peut être comment et pourquoi tu stockes de la bouffe???
Quand je suis aller dans leur nouvel appartement, ils m'ont montré une étagère pleine de boites de conserve et mon ami m'as dit: merci on se fera plus avoir.

Toute cette confidence pour te dire merci à toi. Un gars du Montana m'as fait changer ma vision des choses.
Un grand merci l'ami.


- Bonjour Vol West,

Tu donnes de ton temps et de précieux conseils à énormément de personnes. Et même si tu le fait avec plaisir et par passion, je pense qu'il est normal de te remercier et te donner des retours d'expériences.

Je suis amateur de couteaux, de Bushcraft et chef Scout. J'ai donc fini par atterrir, il y a environ 2 ans sur une de tes vidéo sur Youtube. C'était "l'épicerie du survivaliste" et j'ai hésité à cliquer dessus car j'avais vu précédemment une vidéo d'un survivaliste un peu barré. Et l'image que je voyais de toi dans un lieu sombre était peu engageante !

Mais j'ai regardé, et je dois avouer que j'ai été immédiatement convaincu. Pour reprendre un de tes mots, j'ai trouvé ce que tu disais très "pertinent" !

J'ai donc regardé les autres vidéos, me suis mis à faire du pain et un stock de nourriture. A l'époque, j'étais en Nouvelle-Calédonie, un pays où les cyclones sont fréquents. C'était donc devenu une évidence d'avoir de quoi pallier à un effondrement de la normalité.

Finalement, pas de cyclone, mais au boulot, je me suis retrouvé à mi-temps pendant plus de 6 mois. Je n'aurais jamais tenu si je n'avais pas fait de stock de nourriture, si je n'avais pas cliqué sur cette vidéo.

Je suis maintenant en France. Le BOB est prêt, le stock se reconstitue et je continu dans cette voie malgré l'incompréhension des personnes qui m'entourent.

Alors, je te dis Merci, merci pour ton travail et ton partage. Merci d'avoir donné des lettres de noblesses au Survivalisme, car ce que j'aime dans ta démarche, c'est que tu penses aussi aux voisins, à celles et ceux qui ne sont pas préparé mais que l'on peut aider.

Bien à toi.


- Salut Vol,

Je tiens a te remercier, car grâce a toi avec ton super blog et tes vidéos, j'ai su garder une autonomie suite a une coupure de courant qui a duré plusieurs heures, plongeant mon petit patelin dans le noir complet, et par moi même mes voisins te remercie aussi car grâce a mon stock de piles et de petites bougies Ikea j'ai pu aider mes deux voisins les plus proche.

Encore un grand merci et bonne continuation.


- Salut volwest,

Cela fait quelque année que je te suis sans dire un mot et je voulait aujourd'hui te dire l'impact que tu a eu sur ma vie et donc celle de ma famille.

Depuis 1999 j'avais le sentiment que quelque chose n'allait pas dans le système (en 99 j'avais 25 ans). J'avais déjà eu quelque réaction comme faire des réserves d'eau et de nourriture mais rien de structurer. 

Durant les année 2000 j'ai appris un nouveau métier et eu ma première fille et tout allait bien ...Sauf qu'au fond de moi j'avais cette angoisse du futur, et avoir des enfants n'a pas arranger les choses.

Puis j'ai découvert par hasard ton blog.   

Ce que j'ai découvert avec toi c'est surtout une méthode de réflexion positive face a l'avenir qui l'est peut être moins.
Etre anti fataliste.
Tes réflexions on beaucoup influencées les miennes ! Ma manière de réfléchir a changé.
Puis naturellement la volonté s'est mis en marche. J'ai vendu mon appartement spacieux et confortable de Sarcelles (un de nos petit los angeles a nous !) pour une maison rurale plus petite avec tout a refaire et un jolie terrain.
Puis j'ai changé de métier pour me rapprocher de la maison et je n'ai pas perdu au change !

J'était artisan a 70 heures par semaine et avec le recul je me rend compte qu'entre les taxes, les impayé ,les vols d'outils etc je ne gagnais que peu ma vie!!
Aujourd'hui je travail a 35h par semaine, j'ai peu perdu sur ce qu'il me reste en fin d'année et j'ai enfin le temps de m'occuper de mes enfants, de faire du sport, bref de vivre !

Mes enfants vont a l'école dans un cadre beaucoup plus sain !
Cela fait 2 ans que je suis dans cette maison (ma bad) et j'ai fini le gros (électricité, plomberie, maçonnerie). Il me reste les finitions!

J'ai trouvé le temps de faire une réserve d'eau de pluies de 4x4 mètre sur 1m de profondeur par dessus laquelle j'ai construit une terrasse. La réserve d'eau est invisible !  

Je me suis mis au potager mais manque de temps ce n'ai pas encore top !
De plus certain membre de ma famille qui ont vu cela ont décider de m'imiter donc indirectement tu les a influencer aussi !
Bref aujourd'hui la famille (moi ma femme et mes 2 filles) a une vie plus saine et plus heureuse ! Et surtout malgré mon pessimisme face a l'avenir : JE N'AI PLUS PEUR !!!!!

Je sais c'est un long message mais cela fait longtemps que sans le savoir tu m'accompagne! 
Alors ce matin, de tout cœur, j'ai décider de te dire merci ! merci pour moi ! merci pour les miens !

Alors encore une fois car je veux que tu comprenne que cela viens du plus profond du cœur !!
MERCI 




jeudi 12 décembre 2013

Les couteaux Mora




Dans un article de novembre 2010 intitulé "Le Couteau de Survie", Volwest consacrait déjà un paragraphe aux couteaux MORA. Par la suite, dans les articles ou les vidéos, ces couteaux ont à nouveau été mentionnés, parfois en pointillé, parfois de manière plus directe, comme notamment avec le modèle HighQ.

Bien que ces couteaux soient maintenant bien connus, une des questions les plus fréquemment posées à Volwest concerne encore l’acquisition d'un premier couteau capable de répondre a nos besoins les plus primaires, sans pour autant couter trop cher. Il nous semble évident que Mora apporte la réponse la plus pertinente à cette question. Considérant d’autre part que la gamme des produits Mora s’est très largement étoffée ces derniers temps, il nous est apparu nécessaire de reparler de la marque suédoise.



1- Caractéristiques générales:


Mora c’est avant tout un rapport Qualité/Prix sans équivalent sur le marché. En effet, une première partie de la gamme se situe entre 7 et 15€, soit les modèles historiques ou "traditionnels". Tandis que les derniers nés, plus robustes, spécialisés ou plus imposants, peuvent aller jusqu'a 50€ pour le Bushcraft Survival Black par exemple, ce qui, dans l'univers du couteau qui tient la route, reste raisonnable.

Simplement, Mora nous offre la possibilité de nous équiper en "truc qui coupe" sans casser la tirelire. Perdre ou casser un couteau a 200€ peut être difficile a digérer, perdre ou casser un Mora a 7€ n'est pas dramatique. De plus, et a ce prix, nous pouvons facilement créer de la redondance en combinant les couteaux et leurs fonctions: kit voiture, kit de décentralisation, kit de survie, kit bricolage, kit de chasse / pèche / cueillette, cuisine, EDC, sac d'évacuation…


Mais dans qualité/prix, il y a aussi qualité, et elle est au rendez-vous.
Les produits Mora sont fabriqués en Suède dans la ville dont ils portent le nom. Ils étaient à l’origine produits par une multitude de couteliers locaux, mais sortent aujourd’hui d’une seule usine, issue de la fusion de tous les acteurs en une seule structure : Mora of Sweden. Le site du constructeur apporte toutes les informations nécessaires pour ceux qui veulent approfondir l’histoire de la marque.

Donc fabrication suédoise, mais aussi acier suédois. La plupart des modèles sont proposés soit en acier au carbone (du qui rouille), soit en acier inoxydable 12C27 Sandvick. Ces deux aciers ont chacun leurs adeptes et ceci pour différentes raisons. Par exemple, l’acier au carbone s’affûte très facilement, et l’acier inox semble plus adapté au milieu humide (pêche, neige, cuisine…), mais ce choix reste personnel.


Hormis quelques modèles récents, la plupart des Moras ont une lame d’environ 10 cm de long pour 2 mm / 2.5 mm d’épaisseur. C’est cette faible épaisseur qui permet l’affûtage rasoir en sortie de boite et de le conserver avec n’importe quelle pierre à affûter et ceinturon. Car les couteaux Moras sont des « sabres lasers », pour utiliser une expression que d’aucuns affectionnent.

Maintenant que nous sommes un peu familiarisés avec la marque, intéressons nous à l’usage de ces couteaux. Quel est leur terrain de jeux ?

L’expression n’étant pas de moi, je la reprends sans hésiter : « le Mora, c’est l’Opinel du Suédois ». Bref, le couteau à tout faire. Alors certes, l’encombrement est supérieur à un Opinel puisque nous sommes ici sur un support fixe, mais pour quelques avantages en plus : robustesse, disponibilité instantanée (pas de manipulation) et facilité d’entretien et de nettoyage. Tout ça pour le même tarif. Disons pour faire simple que là où on aura l’Opinel dans la poche, on aura le Mora dans la boite à gants de la voiture, posé sur l’établi, dans le sac à dos ou a la ceinture dans la verte.



Alors les Moras ne supportent-ils aucune critique ? Rien n’est jamais parfait, mais il faut reconnaître qu’on frôle ici le zéro faute. En effet, les reproches que l’on peut leur faire sont toujours la conséquence d’un avantage que nous leur avons reconnu. Je m’explique :

- Les étuis sont très moyens. C’est vrai, mais sur un craftline 511 à 7 €, il reste combien pour l’étui ? L’étui est basique, en plastique dur et peu flatteur à l’œil, mais il fait quand même le boulot.

- Les lames sont généralement fines. Encore exact, la plupart des Moras ne sont pas des pieds de biche. Mais là encore, un cutter de 4 mm d’épais, ça existe mais c’est plus cher, c’est plus lourd, et ça demande plus d’entretien et d'expertise a l'affutage. 

- La soie n'est pas pleine. A l'époque du "batonnage" et de la recherche incessante de "l'outil unique a tout faire", il est effectivement souvent question de la soie sur nos couteaux, c'est a dire la nature du prolongement de la lame dans le manche. Un couteau dont la soie se prolonge sur toute la longueur du manche (pleine soie ou plate semelle) est dans la plupart des cas un critère de robustesse. Cependant, l'apparition des rivets tubulaires, le développement des techniques de surmoulage ou encore l'amélioration des plastiques, bousculent largement cette idéologie de pleine soie, et la game Mora en est la preuve.

Au final, les couteaux pleine soie et a forte épaisseur seront certes plus robustes, mais ils seront aussi plus cher et plus lourd que les Moras.

Les Moras sous X-Ray



2- La Gamme:


La gamme des couteaux Mora s’est considérablement étoffée ces dernières années, notamment sur le terrain "bushcraft". Les différences ne sont pas énormes d'un modèle a l'autre, mais tout de même significatives, ce qui devrait vous permettre de trouver très précisément ce que vous cherchez. Nous distinguerons les modèles historiques , les couteaux classiques à tout faire, et enfin les modèles récents ou plus spécialisés, sans pour autant passer en revue la totalité des choix a notre disposition.


a) Les modèles historiques.


Le Mora emblématique est le « classic #1 ». Manche en bouleau, rouge, et lame de 4 pouces en carbone. Il existe cependant plusieurs variantes du "Classic": le Classic #1 avec sa lame de 4 pouces, le Classic #2 qui est un tout petit peu plus long et épais que le #1, le Classic #3 avec une lame de 6 pouces, et le Classic #601 avec une double garde.

Bien que beaucoup moins populaires, il existe aussi le Classic #1/0, et le Classic #2/0, qui sont les tailles en dessous du Classic #1, et pouvant plus facilement intégrer un EDC ou un kit plus petit.

Esthétiquement parlant, le Classic #1 est sans aucun doute le plus réussi. On ne peut qu’aimer ce couteau qui synthétise toutes les qualités naturelles de chez Mora. Cependant, je lui préfère le 612, modèle équivalent mais équipé d’une petite garde inférieure. Il est indispensable pour moi de pouvoir perforer avec un couteau, et le 612 le permet en toute sécurité. Bien sur, pour les Suédois, cette absence de garde sur le Classic #1 se justifie : culturellement, la coupe se fait toujours chez eux en tirant, donc de manière sécurisée. 

L’autre modèle classique est le 511 (manche en plastique) dont je parlerais plus loin. A savoir qu’il existe avec un manche bleu, le Q 546, dont la lame est alors en inox.


b) Les classiques à tout faire.


On a ici toute une foule de modèle, esthétiquement tous très proches les uns des autres avec une lame de 10 cm et un manche en caoutchouc bi-matière particulièrement ergonomique et sure. Les variations sont essentiellement dans les caractéristiques de la lame : matière, épaisseur (de 2 à 3.2 mm) etc… et dans les couleurs du manche.

Mon premier Mora, acheté chez USMC et encore payé en francs, était un clipper, toujours au catalogue sous l’appellation companion MG. Super couteau référence qui m’a accompagné en vacances pendant des années et que j’ai offert à un ami en Bretagne il y a 2 ans. Je l’ai remplacé par un 748.


c) Les modèles spécialisés.


Depuis quelques années, Mora a fortement développé sa gamme avec des couteaux plus typés bushcraft ou survie qui s’éloignent un peu de l’esthétique et de la philosophie du couteau scandinave. Nous noterons par exemple le Bushcraft Survival Black, et le Sweedish Fireknife construit en collaboration avec la compagnie "Light My Fire", et doté d'un Firesteel dans son manche.

Dans la gamme des couteaux « plus forts », le modèle MK 2000, rebaptisé Outdoor 2000, existe lui depuis des années. Sans être un full tang (pleine soie), c’est un des modèle dont la soie de la lame est la plus longue et occupe presque toute la longueur du manche.

Nous avons également ici les modèles 748, dont je vais reparler tout de suite, et 749, qui est sans doute le Mora avec la lame la plus longue : plus de 20 cm pour une longueur totale de 33 cm.


3- Le Duo Gagnant: Craftline 511 et Mora 748:

Le prix des couteaux Mora étant particulièrement contenu, il est assez facile d’en posséder plusieurs et de se faire sa propre opinion. Même si aucun ne présente selon moi de défaut rédhibitoire, obligatoirement des préférences apparaissent, un choix s’opère. Ce choix est forcément subjectif dans la mesure ou il répond à mes attentes spécifiques. Mais ayant été particulièrement généraliste jusque là, je voulais vous parler plus en détails des deux modèles que j’achète encore régulièrement chez Mora.


Le Craftline 511:


Le Craftline est un petit fixe dont la lame en acier carbone de 9.6 cm et de 2 mm d’épaisseur est comparable à celle d’un couteau de poche. Le manche est en plastique dur, ainsi que l’étui, assez basique comme nous l’avons vu. Il est d’ailleurs compliqué de porter ce couteau sur un ceinturon. C’est pourquoi je l’ai lui aussi converti au mode de port que j’utilise pour tous mes fixes, que je détaillerai plus bas. Ce couteau mérite toute notre attention pour 4 raisons essentielles :

Le prix. 7 €uros. Rien a ajouté.

L’ergonomie du manche. Moins souple qu’un manche bi matière type Companion, mais vraiment très ergonomique. Ni blessant, ni fatiguant pour les mains.

La facilité d’entretien. Que ce soit le nettoyage ( à la pèche par exemple, ou au champignon sous la pluie ) ou l’affûtage régulier, c’est l’affaire de quelques secondes et pour un résultat parfait.

La présence d’une vraie garde. C’est le gros plus de ce modèle. La garde décuple le potentiel de cette petite lame, et lui autorise même, en l’absence de dispositif plus adapté, des tâches occasionnelles ou de stricte urgence, comme la self par exemple.


Le Mora 748:

Le 748 a gauche

J’en ai rêvé, Mora l’a fait.

Comme je l’ai dit plus haut, le premier Mora que j’ai utilisé quotidiennement était un Clipper ( aujourd’hui companion MG ). Je l’utilisais surtout en vacances, dans les gîtes, où il est presque toujours impossible de trouver un couteau qui coupe.
Je suis d’ailleurs toujours étonné que dans les revues de couteaux, les testeurs s’excusent presque de les utiliser à la cuisine. Cuisiner est une activité majeure, qui demandera, en cas de difficultés d’approvisionnement, infiniment plus de temps et d’énergie qu’aujourd’hui. Il faut donc utiliser tous ses couteaux pour cuisiner. C’est même selon moi une des voies majeures pour arriver à cette intimité que l’on peut créer avec l’objet. Mais revenons à nos moutons…

Donc je cuisinais avec mon Clipper, et le seul défaut que je lui trouvais était une lame un poil trop courte pour couper une grosse tomate, ou un melon par exemple. Lorsque le 748 est sorti, j’ai tout de suite pensé qu’on avait là un outil proche de la perfection. J’en ai commandé plusieurs et, après des mois de tests, je suis convaincu qu’il est le parfait complément du Craftline 511. Ses qualités majeures sont :

Le prix. 18 €

Le manche. Ergonomique, en caoutchouc souple et antidérapant, assure une prise ferme, même les mains mouillées.

La lame. En acier inox, affûtée rasoir, facile d’entretien et surtout de près de 150 mm de long.

Pour 25 €, vous avez là un petit couteau pour le travail de précision, notamment avec la pointe (dépeçage, bricolage, perforation etc…) et une lame plus longue, un peu plus épaisse (2.5 mm), pour les coupes profondes et les travaux plus rudes (dans la limite du raisonnable).


4- Amélioration du système de port:


Les couteaux Mora étant de prix vraiment très raisonnables, il faut reconnaître que les étuis sont souvent assez basiques. Notamment sur le Craftline 511, le passant est trop étroit pour un ceinturon de 45 mm. Mais pour ma part, j’ai réglé le problème. Sur tous les étuis de mes couteaux je rajoute un anneau ou une cordelette que je suspends à une attache qui est à demeure sur mon ceinturon. Cette attache est réalisée en fil de fer de cintre et ne nécessite donc qu’un peu d’huile de coude : faites chauffer les multitools…

L’avantage majeur de ce système est de permettre de suspendre ou d’enlever le couteau instantanément. Si je quitte la maison, je prends couteau et étui à la main, je monte dans la voiture, je mets le couteau dans la boite à gants, je descends de l’auto, je le suspends à mon ceinturon. Je vois des promeneurs arriver au loin, je le décroche et le glisse dans mon dos pour ne pas choquer le citadin… et tout ça très naturellement grâce à l’attache en fil de cintre. Si on veut le sécuriser (en franchissement par exemple) il suffit d’attacher l’anneau à un mousqueton.

Si comme moi vous avez un vrai coup de cœur pour votre Mora, faites-lui un petit cadeau, et effacez le seul petit reproche que l’on pourrait lui faire…Une autre solution pour améliorer le port est encore de confectionner un étui adapté a notre Mora. Comme le temps devient impossible à rattraper, j’ai demandé à un artisan cordonnier d’effectuer ce petit travail.


Le Craftline 511 est pour moi un compagnon de tous les instants : cuisiner, manger, ouvrir le courrier, bricoler…honnêtement, il n’est jamais très loin.
Je voulais depuis longtemps lui faire un petit étui, le plus simple, le plus minimaliste possible, permettant le port inversé autour du cou.


Une autre solution peut être de s'orienter vers les étuis en Kydex, de plus en plus appréciés et disponibles pour la marque Suédoise. 



Comme nous l’avons vu, la qualité des couteaux Mora permet de les intégrer à n’importe quel kit et même d’en faire son couteau principal.
Pour définir au mieux l’usage qu’on peut en avoir, il convient de bien comprendre l’approche scandinave du couteau. Celui-ci, en effet, vient presque toujours en complément de l’outil chargé des travaux plus rude : la hache. C’est une particularité que nous avions déjà abordée dans l’article « La serpe de l’Abbé ».
Au couteau ne sont dévolues que les tâches nécessitant finesse et précision et donc pointe effilée et tranchant affûté, deux des caractéristiques des couteaux Mora.

L’Abbé.





mercredi 6 novembre 2013

Interview Voyagecast




L'ami Jonathan, du site "Voyagecast", me fait l'honneur de voyager avec lui sur son Podcast, ou nous discutons de prévoyance, de sécurité, d'autonomie et de résilience dans le contexte du voyage.




vendredi 1 novembre 2013

Revenir a l'essentiel



Pour la plupart d'entre nous, et peu importe nos convictions politiques, notre statut social ou la culture pollinisatrice qui anime nos vas et viens, notre univers ambiant, soit cette machine lourde d'opulence et d'engrenages complexes et complexés, présente une multitude de symptômes plus ou moins parasitaires selon nos sensibilités et la qualité de notre écoute.

Plus inquiétant, et si nous considérons la totalité de la mécanique qui gère et digère notre niveau de confort et de stabilité au quotidien, nos constructions humaines semblent aujourd'hui plus que jamais se borner a la schizophrénie, la dysfonction, l'incohérence et l'autodestruction.

Raréfaction des ressources, névrose sociale, urbanisation massive, surconsommation, spéculation bancaire, agriculture intensive, homogénéisation et dégénérescence intellectuelle, stratégies évolutives d'ordre par le chaos, choc des civilisations, conflits et guerres civiles, dette, pollution, oppression, précarisation, paupérisation, spoliation, violence, inflation, insécurité, chômage, malbouffe…c'est un flux persistant et exponentiel de mauvaises nouvelles, toutes capables, séparément ou agglomérées, de cristalliser sur un présent déjà turbulent pour des millions, un futur difficile et incertain.

Pour faire court: les mauvaises nouvelles s'accumulent...





Durant une situation ou le danger est non seulement perceptible mais aussi palpable dans l'immédiat: la morsure d'un chien, l'incendie au domicile, la confrontation physique ou encore la noyade…notre corps organise une réponse automatique, rapide et globale pour optimiser ses chances de survie, en plongeant plus ou moins directement dans son arsenal d'outils de protection personnelle, soit son héritage pré-historique (c'est a dire avant le moi) de solutions chimiques et biologiques codifiées. 

Cet essentiel d'actions et de priorités réactives, réflexives et instinctives, est souvent lié a une mécanique plus ou moins efficace et grossière de fuites, de tétanisations, et d'apnées combatives parfois nécessaires et justifiées par la nature de la situation: "si la vie était un jeu, la seule règle serait de survivre".



Notre héritage d'instincts, de comportements et de réflexes, naturellement et finalement concerné par la survie de notre conscience, ne peut être qu'une stratégie de "non-choix" face aux risques habitants notre univers…et pour limiter notre contact a ce champ d'action précaire qu'est la réactivité brute et immédiate, nous avons, comme beaucoup d'autres espèces, développé et murit une multitude de stratégies beaucoup plus souples qu'un unique potentiel réactif.

Ces stratégies souples peuvent influencer, réduire ou éliminer les risques et tensions liées au manque et la carence, la confrontation, les dangers naturels, technologiques, ou encore les risques économiques, géo-politiques et sociaux capables de déstabiliser notre normalité et de nous mettre en péril.
Ce sont tout ces autres outils et composants a notre disposition, pouvant appréhender, anticiper, prévoir et surtout minimiser des risques parfois indirectes ou asymétriques, c'est a dire pouvant être décalés dans le temps et l'espace.



Par exemple, au lieu de rester sur une dynamique unique de prélèvement comme la chasse, la pêche et la cueillette pour notre subsistance, notre espèce va progressivement adopter des stratégies plus souples de production, notamment au travers de l'agriculture, de l'élevage et du stockage des surplus pour minimiser le risque de famine, et stabiliser le rapport entretenu dans le temps avec notre environnement.



Tout au long de notre histoire, nous avons, plus ou moins maladroitement et a des degrés plus ou moins subtiles, oscillé entre des périodes de prospérité et des périodes de troubles…entre des périodes d'élans stratégiques, et des périodes d'apnées combatives.

Seulement…comment qualifier notre présent ?

Comment lire, interpréter et comprendre, ne serait-ce qu'intuitivement, cette modernité aux couleurs schizophrènes ou nous ne sommes pas en état de guerre déclarée, mais ou notre taux de suicide est exorbitant ? 
Ou les rayons gargantuesques de nos hypermarchés débordent de calories, mais ou la nourriture est devenue polluée et polluante ?
Ou la machine médicale est capable de dégourdir et de restructurer la vie, mais ou la vie est engourdie et déstructurée par la machine ?
Ou nos villes et nos campagnes sont noyées d'iphones et de connections numérisées, mais ou la solitude et la déconnexion des sens sont devenues maladies courantes ?
Ou chaque citoyen, surtaxé, culpabilisé, saboté et fatigué, doit contribuer au bonheur de son voisin au nom de la division et du partage, mais ou personne n'est entier, debout, volontaire, indépendant et responsable de son propre bien être ?

Serions nous face a un risque bien plus large et structurel qu'un quelconque effondrement économique, énergétique, écologique, technologique ou politique ?

Serions nous face a l'effondrement de la conscience de l'Homme, si lente, perverse et progressive, qu'il nous est difficile de réaliser la nature même et l'ampleur du malaise ambiant ?






Dans la vie, il n'y a pas de solutions, il y a des forces en marche disait Antoine de Saint-Exupéry…et ces forces il faut les créer.



Ressentir ou percevoir une incertitude quant a la santé et la direction de notre monde moderne est une chose…mais décider de devenir les acteurs de notre propre bien être, et non des spectateurs, des victimes ou des boulets, décider de créer une force intime capable non pas de se confronter a d'autres forces, mais de construire en parallèle, et ceci de manière souple et durable, me semble être un Aïkido adapté au paradigme ambiant et aux défis futurs.

Nous parlons souvent de survivre a "l'événement"…et cette condition involontaire d'apnée combative est indiscutablement de notions plus ou moins primaires et nécessitants un certain développement, mais nous ne considérons que trop rarement des stratégies de réduction intelligente du risque, et la construction, résiliante et durable, d'un univers de jeu beaucoup moins sensible aux sursauts d'une machine de plus en plus complexe et tordue.





Pour beaucoup, les solutions et les échappatoires traditionnels seront intuitivement liés a une certaine forme de réussite économique, soit une réaction brute et primaire aux problématiques perçues. "Le Loto" pouvant tout effacer, tout solidifier, tout construire et tout solutionner…non pas en terme de pouvoir d'achat, mais bien en terme de libertés. Car au fond, ce qui nous préoccupe réellement n'est pas la grandeur de notre maison, la quantité de choses possédées ou la puissance motrice de notre voiture, mais bien la place et le rôle que nous pensons occuper au sein du collectif…et par défaut de conscience ou d'intelligence, beaucoup semblent encore confondre l'un et l'autre.



Pour la plupart d'entre nous, il n'est pas question de devenir riche économiquement parlant, mais "libre" et maitre de notre condition…et cette intention de liberté, si paradoxale, enfouie, abstraite et relative soit elle, doit être la force motrice de notre implication, et notre retour a l'essentiel.

Cette notion de liberté est d'ailleurs si troublante et pénible pour la machine, génératrice et nourricière d'un contribuable névrosé et pendu a son sein providence, que celle-ci fait et fera tout pour nous rendre de plus en plus dépendant de son ampleur et de son appétit.

Si nous parlons de liberté, la question centrale et conductrice devient non pas "comment survivre", ou "comment se préparer a la chute", mais bien comment développer et améliorer mon niveau de liberté ? Comment reprendre le contrôle de ma vie, sans pour autant rabaisser, avorter et détruire, directement ou indirectement, le niveau de liberté de mon voisin ?


1- Le moi.




"Revenir a l'essentiel" pourrait chuchoter un réflexe d'involution réactionnaire, d'égoïsme ou d'enfermement primaire, et si cette stratégie de replis peut exprimer, selon sa construction, un potentiel salvateur concernant une certaine dégénérescence perçue et intériorisée, il me parait incontournable d'insister sur l'importance et la puissance de réalisation collective et collectrice, ne serait-ce qu'a l'échelle familiale.

Si l'union fait souvent la force, la force ne fait que rarement l'union.

Quoi qu'il arrive, et quelque soit la direction qu'il vous faut gribouiller aujourd'hui, seul ou a plusieurs, la source de votre engagement sera votre propre mécanisme interne, votre propre machine a penser…

- Acceptez et conscientisez que le malaise ambiant est réel. 
- Acceptez et conscientisez que de ce malaise peut germer l'incertitude.
- Reconnaissez que l'incertitude n'a qu'une seule fonction: l'éveil.
- L'éveil ne repose pas sur la peur du lendemain ou la dramatisation, mais sur l'action intelligente.
- Combattez la peur par l'action. L'inaction étant la principale force motrice de la peur, et vice versa.
- Acceptez que les autres ne veulent pas savoir ou ressentir ce que vous savez ou ressentez.
- Définissez vos intentions, votre gouvernail interne et vos rêves.
- Ne laissez personne définir vos intentions et vos rêves a votre place.
- Votre manière de penser est plus importante que ce que vous possédez: Investissez en vous même.
- Votre patrimoine intime est plus important que votre position sociale: Investissez en vous même.
- Réalisez que personne au monde ne peut s'intéresser a votre bien être comme vous pouvez le faire. Personne !
- Réalisez et acceptez que vous êtes responsable de votre propre vie et de votre propre bien être.
- Construisez de l'indépendance et de la résilience intelligente et durable.


2- L'indépendance.



Les réalités de notre condition humaine sont aujourd'hui plus que jamais liées a une dépendance étouffante et parfois paralysante. 

Nous dépendons d'un tout, et ce tout dépendant a son tour d'une multitude de réseaux et de systèmes complexes pour maintenir la qualité et la normalité de nos quotidiens: chauffage central, électricité, eau courante, distribution alimentaire, économie, énergie, communication…simplement, c'est une chaine de plus en plus longue et fragile de systèmes et de sous systèmes qui contrôlent et rythment notre bien être: une machine.



S'intéresser a développer une certaine indépendance, est bien plus qu'une simple réponse instinctive face a l'incertitude générale ou a un quelconque risque d'effondrement. Optimiser notre niveau d'indépendance est avant tout l'action consciente et réfléchie de créer, par nous même, une force intime qui tend a nous affranchir et nous libérer d'infrastructures et de systèmes de supports de plus en plus complexes et fragiles, tout en projetant un rapport au monde plus cohérent, résilient, stable et surtout durable.

C'est consciemment se débrancher de la machine, et non pas la refuser ou la détruire.

Notre intention d'indépendance est alors d'une constance tournée vers tout ce qui peut permettre d'amplifier ou de sécuriser une position d'autonomie, plus ou moins profonde, envers quatre systèmes "clef de voute":

- Le système économique.
- Le système hydrique.
- Le système alimentaire.
- Le système énergétique.

Sur ces quatre systèmes reposent tous les autres…



a) L'indépendance économique.



Ce système "clef de voute" est le plus dur a maitriser des quatre car le plus violent, et les stratégies d'indépendance économique a l'échelle individuelle ou familiale sont souvent multiples, combinées et asymétriques.

La dette reste l'agent pilier de notre dépendance, car celle-ci repose sur une promesse de travail futur qu'il nous faudra effectuer. C'est un contrat qui ce calcul non pas en somme d'argent a rembourser, mais en années de travail a fournir pour payer notre dette, plus les intérêts !

Ce contrat est la définition même de l'esclavage.

La seule dette acceptable devrait être l'achat d'une maison, si celle-ci est d'un potentiel intelligent et durable…c'est a dire capable d'améliorer notre niveau d'indépendance, et donc d'influencer directement ou indirectement sur les trois autres systèmes clef de voute.
L'achat a crédit d'une voiture, d'une machine a laver ou d'un ordinateur, ne nous rend pas plus heureux, mobile, "moderne" ou compétent, cette dette nous rend par contre beaucoup plus dépendant, lent, prisonnier et esclave.

Une autre réalité du système économique en place qu'il nous faut conscientiser est cette notion de taxe. Simplement, la taxation telle qu'elle est aujourd'hui pratiquée dans certains pays ressemble plus a du racket systématique qu'a autre chose, et il nous faut comprendre que chaque Euro gardé est un Euro capable de contribuer a notre indépendance et notre liberté. Chaque Euro perdu va lui contribuer a notre dépendance.

Dans l'immédiat:
- Etude et réalisation de nos routines économiques.
- Comptabilité exemplaire et disciplinée.
- Mise en place de fonds d'urgence.
- Stratégie de "se payer soi même".
- Modulation de notre consommation.
- Stratégies de simplicité volontaire et non d'austérité imposée.

Sur le long terme:
- Installation de systèmes énergétiques alternatifs et durables.
- Lien social et réciprocité économique a l'échelle locale et régionale.
- Stratégies de Micro-finance.
- Mise en place d'une production alimentaire, si petite soit elle.
- Achats tangibles et d'une nature a optimiser et promouvoir notre indépendance: outils de fabrication, panneaux solaires, Or et Argent physique, armes, nourriture, citernes, poules, poêle a bois, arbres fruitiers etc...



b) L'indépendance hydrique.



L'indépendance hydrique est souvent sous-estimée d'un point de vu stratégique, mais force est de constater que nos besoins en eau potable ne sont pas négociables.
Quoi qu'il arrive, nous devons nous hydrater, maintenir une certaine hygiène, laver nos produits alimentaires, faire la vaisselle et arroser nos jardins potager.

De part le monde, cette réalité physiologique s'opère a des échelles plus ou moins subtiles, mais d'une manière globale, et dans un monde de plus en plus urbanisé, la dépendance aveugle que nous entretenons quant a ce système de support et plus largement cette ressource vitale est effrayant et largement suicidaire.

Simplement: Pas d'eau = pas de vie = pas de liberté ou de réelle indépendance possible.

Dans l'immédiat: 
- Etude et réalisation de nos routines hydriques.
- Modulation de notre consommation.
- Mise en place de réserves d'eau potable.
- Accès direct a des méthodes simples de purification et de traitement: filtre Berkey, filtre a pompe, eau de Javel, ébullition etc. 

Sur le long terme:
- Installation d'un système de récupération et de stockage des eaux de pluie.
- Installation d'un puits.
- Achat d'une propriété ou l'eau est présente et abondante.
- Mise en place de toilettes sèches.
- Mise en place de méthodes d'irrigation intelligentes: Permaculture.



c) L'indépendance alimentaire.



Deux notions principales, sournoises et omniprésentes, s'opposent aujourd'hui a notre indépendance alimentaire.
L'une voudrait nous faire croire a la régression, tant technologique qu'intellectuelle des lors que nous quittons le milieu urbain, et l'autre voudrait nous faire croire que nos villes et leurs banlieues sont de qualités évolutives et développementales absolues.

Ces principes de fond se traduisent aujourd'hui par une réalité troublante; la plupart de nos voisins sont a neuf repas de la catastrophe…et dans l'incapacité totale de produire ou de prélever leur propre nourriture !

Depuis toujours, l'indépendance et la liberté sont en relation intime avec la terre. 

La production de nourriture a l'échelle familiale est avant tout, aujourd'hui comme hier, la création d'un lien tangible et direct avec une certaine indépendance, et si posséder une terre est une réelle forme de richesse que nous pouvons tenir dans nos mains, posséder une terre productrice est la condition sine qua non pour créer de l'indépendance, de la résilience et de la stabilité durable.

Cette notion de "retour a la terre" n'est pas un retour a l'obscurité technologique, une "décroissance" quelconque ni même une aspiration écologique. Pour beaucoup, le retour a la terre est avant tout un retour a l'indépendance, au pragmatisme, a l'autosuffisance et a la résilience alimentaire…un retour largement motivé et guidé par une production pérenne dans son exploitation temporelle, et cohérente dans les méthodes utilisées.

Posséder une terre, et avoir un moyen de la défendre, est un défi moderne qui prend toute son ampleur lorsque nous réalisons sa portée dans l'histoire de notre espèce: Ceux la qui gouvernent la nourriture, gouvernent le monde.

Dans l'immédiat:
- Etude et réalisation de nos routines alimentaires.
- Mise en place d'une réserve de nourriture personnalisée et intelligente: placard vivant.
- Mise en place et maintient de filières locales ou "courtes".
- Mise en place d'une production personnelle et personnalisée, si petite soit-elle.
- Développement de méthodes et de savoirs faire traditionnels: bocaux, confitures etc.

Sur le long terme:
- Mise en place d'une production agricole durable et cohérente.
- Développement de méthodes de production traditionnelles, mais aussi alternatives: Permaculture, Aquaponie, Polyculture, Apiculture etc.
- Elevage et stratégies de production indirecte.
- Développement et maitrise de méthodes et de stratégies ancestrales de prélèvement: Chasse, pêche, cueillette.
- Développement de stratégies locales basées sur la réciprocité et le lien social.



d) L'indépendance énergétique.



Chacun de nos gestes est une dépense d'énergie.
Chaque dépense d'énergie est un geste.

Notre monde moderne et son "grouillantisme", repose sur la simple mathématique d'une énergie bon marché et disponible dans des quantités jusqu'ici monstrueuses: le pétrole.

Le pétrole fait avancer nos voitures, mais il est aussi a l'origine de nos vêtements, de nos brosses a dents, de nos produits alimentaires, de nos pneus de vélos, de nos réseaux de distributions (eau, nourriture, communication, train, avion, bateau etc…), de nos usines, de nos centrales nucléaires, de nos portables, de nos tronçonneuses, de nos moissonneuses batteuses, de nos routes, de nos engrais, de nos vaccins, de nos plastiques, de nos médicaments, bref…de tout.

Sur le long terme, il est facile d'imaginer que cette énergie "miracle", et aux disponibilités exponentiellement réduites par l'appétit gargantuesque de nos civilisations toujours plus imposantes, s'épuise et se tarisse pour laisser place a un silence dépourvu de sens.

En attendant la fin du pétrole bon marché, ou pour les optimistes "une transition miraculeuse", il me parait évident que notre dépendance énergétique, quelle qu'elle soit, est aujourd'hui un système de support clef de voute qui tour a tour nous transporte, nous éclair, nous soigne, nous informe, nous alimente, nous abreuve et nous réchauffe.

Dans l'immédiat:
- Etude et réalisation de nos routines énergétiques.
- Développement de stratégies et de solutions d'économies et d'efficience.
- Réductions des trajets.
- Modulation de la consommation.
- Développement de stratégies et d'organisations alternatives du geste: Permaculture.

Sur le long terme:
- Mise en place de solutions passives.
- Mise en place de stratégies et de solutions renouvelables, eco-conscientes et durables.
- Installation de systèmes indépendants: Poêle a bois, solaire, éolien, géothermie, échangeur thermique etc.
- Développement d'une vie locale et focalisée.



Le développement de ces stratégies autonomistes, toutes guidées par une intention d'indépendance et de résilience envers ces quatre systèmes clef de voute, peut prendre une multitude de formes et de chemins selon votre environnement proche, votre budget, votre implication ou encore votre détermination.

Ce qui compte n'est pas le transfert "papier carbone" d'un modèle ou d'une structure quelconque, mais bien la réalisation que cette force conscientisée et apprivoisée doit fonctionner pour nous même et par nous même, et que le seul dénominateur commun de ce retour a l'essentiel n'est pas forcement l'aspect logistique, mécanique ou utilitaire, mais bien cette notion de liberté qui sommeille en chacun de nous.