L'évacuation est un terme relativement large pouvant décrire une multitude de situations et d'environnements.
Si l'enjeu, la durée, l'implication sociale ou encore l'intensité de la situation d'urgence sont des paramètres pouvant varier dramatiquement, et donc capables d'influencer plus ou moins rapidement la qualité de notre évacuation, la nature même de l'évacuation est elle immuable: fuir un environnement instable et potentiellement dangereux pour rejoindre un environnement stable et sécurisé.
Simplement, que nous parlions de l'évacuation de notre domicile, de notre lieu de travail, d'une zone spécifique et commune comme un restaurant, un concert, un cinema ou les transports en commun, d'une zone spécifique mais cette fois-ci a l'échelle locale, régionale ou nationale, que nous parlions d'une fuite de gaz, d'un incendie, d'une menace humaine, structurelle, sanitaire, naturelle ou technologique, l'axe principale de l'évacuation, sa nature, reste le déplacement.
Fuir, c'est s'éloigner, souvent le plus rapidement possible, d'une zone a haut risque. On ne calcule pas la fuite, on la prend.
Evacuer, dans l'idéal, c'est aller d'un point A (instabilité), vers un point B (stabilité).
Une dimension importante de l'évacuation, et contrairement a la fuite, est donc de déterminer, a l'avance, ce point B ou "point de chute".
Quelques exemples de points de chutes (nous devrions en avoir plusieurs, et dans des directions opposées):
- Un bar-tabac a 5 minutes du domicile ou la famille peut se retrouver
- Un hôtel a 30 minutes du domicile
- La maison d'un parent ou d'un ami
- Un établissement spécialisé (station de police, mairie, ambassade etc.)
- Un terrain particulier (colline, vallée, foret etc.)
- Un terrain de camping (au passage, je vous conseil de les repérer sur une carte - eau / douche / WC / pas chère)
- Un autre pays
Simplement, posez-vous les questions suivantes et faites un plan d'évacuation:
- Si un incendie éclate dans mon immeuble, ou vais-je aller, et comment ?
- Si une émeute violente éclate dans mon quartier, et que je dois évacuer mon domicile, ou vais-je aller, et comment ?
- Si une catastrophe naturelle, sanitaire ou technologique me force a l'évacuation de ma région, ou vais-je aller et comment ?
Certains se pencheront sur l'évacuation d'une manière binaire, c'est a dire en essayant de maladroitement contrôler un univers largement incontrôlable en créant de faux compartiments, principalement destinés a structurer notre organisation et notre préparation:
- Pour une situation de ce type, prenez ceci / ne prenez pas cela.
- Pour une situation de cet autre type, prenez cela / ne prenez pas ceci.
Le problème de cette négation systématique, et pour l'avoir malheureusement vécu de nombreuses fois, c'est qu'il est très rare de pouvoir faire la part des choses dans l'instant et réellement intégrer la totalité des paramètres pouvant exister et/ou naitre de la situation nous poussant a l'évacuation.
Comment prédire l'ampleur, la durée, la sévérité et l'impact d'un événement qui, dans l'immédiat, nous condamne a l'évacuation de notre environnement ?
Comment concilier le terrain extrêmement instable, fragile et imprévisible de l'évacuation avec la construction d'un plan, d'un sac et d'un véhicule d'évacuation pouvant répondre le plus largement possible a nos besoins ?
La réalité de l'évacuation est que dans la majorité des cas nous sommes principalement dans le tâtonnement. Il n'y a rien de concret, rien de sur, rien de cristallisé, rien d'évident et surtout rien de mathématique, a part cette dimension de devoir fuir un environnement instable et potentiellement dangereux pour rejoindre un environnement stable et sécurisé.
Dans ce contexte d'incertitudes, la construction de cet article se base sur une évacuation reflétant une situation d'urgence d'une sévérité importante et avec une multitude de paramètres, comme par exemple la fuite d'une zone régionale rendue dangereuse par un incident technologique ou une catastrophe naturelle, ou encore l'évacuation d'une ville implosant sous le poids d'émeutes violentes comme celles de Los Angeles en 1992.
Comme d'habitude, il n'y a ici aucune méthode miraculeuse ni aucune solution parfaite…nous restons sur une série de compromis qu'il nous faudra évaluer et calculer selon nos besoins, notre environnement, notre condition physique, notre budget etc…
1- A pieds:
Nous avons tous déjà vu ces images dramatiques de migrations massives et de foules portées par le besoins d'évacuer une zone devenue instable et invivable, pour tenter de rejoindre un environnement plus stable, plus prévisible, plus sécurisé et pouvant maintenir la vie.
Du "chemin des larmes" de Geronimo a la migration actuelle de plus d'un million de Syriens en passant par l'évacuation systématique des villes et villages d'Europe durant la deuxième guerre mondiale, cette méthode de déplacement est la plus primitive, et son organisation d'un essentiel épuré.
A l'avancée menaçante et télé-visée de l'ouragan Rita par exemple, l'évacuation massive de certaines villes du sud des USA comme Houston a rapidement transformé les axes routiers environnants en gigantesques zones de stationnement. Des milliers de familles, qui avaient prévu d'échapper aux dangers et a la punition de l'ouragan en utilisant leurs voitures comme méthode de déplacement principale, se sont finalement retrouvées a quelques kilomètres seulement de leurs point de départ, sans essence ou bloquées dans les bouchons.
Cette fatalité motrice devrait toujours être envisagée (surtout pour les urbains), c'est a dire que quelque soit notre véhicule d'évacuation privilégié, quelque soit nos plans d'évacuation ou nos stratégies en place, nous devrions toujours envisager l'abandon de ceux-ci pour la simplicité et la rusticité de la marche.
Si nous observons avec attention l'éventail du matériel emporté et porté par les réfugiés du monde entier, nous pouvons nous apercevoir que ce matériel est toujours plus ou moins le même, et devrait donc grossièrement orienter le choix de notre organisation "marche ou crève".
Nous parlerons ici d'un kit minimum destiné a maintenir la vie du mieux possible, et pouvant facilement être porté sur soi:
1- Un truc pour la régulation thermique (souvent une couverture en laine)
2- Un truc pour se protéger des éléments (souvent une simple bâche)
3- Un truc pour cuir, bouillir et réchauffer (souvent une gamelle de plus de 2 litres)
4- Un truc pour contenir et transporter l'eau (souvent large et généreux)
5- Un truc qui coupe (souvent large, a lame fixe et durable)
6- Un truc qui fait du feu rapidement (souvent des allumettes)
Le bonus ici serait:
7- Une trousse de premiers soins personnalisée
8- De l'énergie (souvent du riz, de la semoule, des lentilles, des haricots sec etc...)
9- Un terrain psychologique et physique équilibré et résilient (moral, attitude, force, souplesse, poids, aspect physique et vestimentaire, endurance, connaissances etc...)
10- Une méthode d'échange (argent, métaux précieux etc…)
Si au premier abord nous pourrions penser que ce matériel est plus adapté a la brousse africaine qu'a nos organisations modernes, les 4 premières sphères ont été, sous une forme ou une autre, les plus demandées et distribuées durant les ouragans Katrina et Sandy sur le sol américain et dans les grandes villes comme la Nouvelle Orleans et New York.
2- Méthodes souples:
L'univers du "marche ou crève" détient un nombre important de bénéfices plus ou moins intéressant quand il est question de fuir un environnement dégradé, comme par exemple:
- Tout terrain (escaliers, tunnels, échelles, voies ferrées etc.)
- Silencieux et plus ou moins discret (FOMEC-BOT)
- Léger (plus grand chose a perdre)
- Inné (ne requiert aucuns savoirs faire complexes)
- Adaptatif
- Simple
- Indépendant en ressources énergétiques complexes (notons que si la voiture a besoin d'essence pour avancer, nos jambes ont elles aussi besoin "d'essence" pour fonctionner)
Cependant, le "marche ou crève" a aussi de sérieux désavantages:
- Handicap physique ou blessure ne permettant pas le déplacement
- Age trop élevé, ou trop bas
- Vitesse de déplacement lente (surtout en famille)
- Vulnérabilité physique et psychologique (agression, faune, détresse, désespoir, fatigue, blessures etc.)
- Limitation du portage (environs 1/3 de notre poids selon l'individu et le terrain)
- Exposition aux éléments (froid, chaleur, pluie…)
Ces désavantages, souvent perçus par le survivaliste comme pouvant compliquer, gêner voir dans certains cas interdire la mise en action de notre instinct-réponse "fuite", auront tendances a nous voir contempler une ou plusieurs méthodes pouvant améliorer cette condition de fuite primitive.
Principalement nous voudrons aller plus vite, pouvoir transporter plus de choses vitales comme la nourriture, l'eau et des systèmes de thermorégulation plus adaptés a l'environnement ambiant, ou encore si possible réduire notre dépense énergétique par l'utilisation d'un système particulier comme un chariot de jardin ou un diable.
Au travers de notre histoire, une multitude de méthodes "souples", des plus primitives aux plus "modernes" et farfelues, nous auront permises d'aller plus vite, d'aller plus loin, de porter plus (comme les enfants en bas âge par exemple), et donc d'améliorer ou d'influencer la nature même de nos limitations physiques et psychologiques au sein de l'univers "marche ou crève".
- Systèmes individuels de ports comme sacs a dos, chaises ou valises
- Litières et autres systèmes collectif de portage rigide
- Traineaux et luges
- Bicyclettes
- Cadis
- Poucettes
Ces méthodes souples ont la particularité de ne pas être dépendantes d'une source d'énergie autre que nos propres capacités physiques pour fonctionner, d'être simples d'utilisation, plus ou moins légères, de pouvoir être facilement réparées ou modifiées, de rester plus ou moins silencieuses, et de conserver une dimension d'adaptation intéressante selon nos besoins, notre climat et notre environnement.
Si la marche reste ici notre moyen de déplacement primaire par défaut, les méthodes souples peuvent facilement se greffer a nos stratégies d'évacuation, et venir augmenter nos capacités de port, notre confort, nos solutions, notre niveau d'adaptation, notre rapidité d'exécution, et la portée de notre fuite.
3- Véhicules légers motorisés (VLM) - "High speed low drag":
- Motos
- Scooters
- Quads / ATV ou "quatre roues"
- Mobylettes
Si marcher, porter, tirer, pousser et pédaler reflètent les gestes primitifs d'un déplacement largement gouverné par l'effort et la lenteur, les véhicules légers motorisés vont souvent devenir la principale stratégie de déplacement et d'évacuation de bon nombre de survivalistes, surtout en zones urbaines.
"Fuir" conjure une notion incontournable d'urgence…et cette urgence est souvent considérée en terme de rapidité d'action et de mobilité.
Nous avons tous compris, au travers d'événements comme l'ouragan Katrina ou Rita, que l'évacuation massive d'une grande ville moderne comme Paris, Bruxelles, Genève, New York, Rome, Rio, Buenos Aires, Algiers, Hong Kong, Montréal ou Londres pourrait rapidement transformer nos rues, nos boulevards et nos grands axes routiers en d'immenses zones de stationnement jusqu'à ce que les motoristes soient en manque de carburant ou bloqués et contraints d'abandonner leurs véhicules pour le "marche ou crève".
Une considération faisant des VLM une méthode d'évacuation privilégiée au sein de l'univers de la préparation et de l'évaluation du risque est donc la probabilité de voir nos axes routiers détruits ou bloqués: débris, barrages, véhicules abandonnés, érosion ou effondrement des revêtements de surfaces etc.
De plus, et dans le cadre d'un événement comme Fukushima au Japon, le citoyen peut se voir confronter a une convergence de plusieurs problèmes, comme la détérioration et l'encombrement des routes les rendants impraticables en voiture (événement naturel), mais aussi et surtout le besoin de fuir le plus rapidement possible une zone contaminée par une situation d'urgence d'une nature technologique (incident nucléaire).
Même si cette convergence de problèmes catastrophiques est rare, les VLM ont ici les avantages suivant:
- Rapidité d'exécution
- Mobilité et souplesse d'action
- Maintient, réparation et modifications relativement facile
- Faible impact énergétique pour un véhicule motorisé
Si l'univers des VLM suscitent un intérêt particulier pour l'évacuation rapide de zones a risque, ces systèmes restent largement inadaptés pour les familles nombreuses, et leur impact sonore peut les rendre particulièrement "visible" selon le système utilisé.
Cependant, le plus gros désavantage que nous pouvons retenir de cette stratégie d'évacuation reste la vulnérabilité de l'opérateur et du matériel, surtout si l'événement est d'une nature sociale totalement imprévisible et instable comme durant les émeutes de Los Angeles en 1992 par exemple, ou bon nombres de motoristes se sont fait violemment agresser en tentant de fuir les zones sous tensions.
Tout comme avec l'univers du "marche ou crève" et les méthodes souples, nous sommes ici totalement exposé au vol de notre matériel, et a l'agression physique (et aux barbelés).
4- La voiture:
Pour la plupart d'entre nous, et quelque soit notre environnement, notre véhicule d'évacuation principal sera notre voiture.
- Possibilités de transport important (matériel, ressources basiques, individus, animaux domestiques etc...)
- Protection physique et psychologique bien plus élevée qu'avec les VLM (vol, agression, éléments…)
- Familiarité (nous sommes nombreux a savoir conduire une voiture)
- Utilité quotidienne (événement ou pas)
- Possibilités de personnalisations et de préparations (prévoyance)
- Confort
- Coup énergétique de l'opérateur nul
- Rapidité d'exécution (si les routes sont praticables)
L'univers du véhicule d'évacuation peut facilement et rapidement devenir une obsession caricaturale au travers d'une multitude de modifications complexes et "survivalisés" a l'extreme.
La réalité est que notre véhicule d'évacuation ne servira sans doute jamais a disperser une horde de zombie sur le périphérique…ou survivre l'invasion d'une espèce venue d'ailleurs décidée a nous exterminer. Par contre, il va certainement servir a déposer les enfants a l'école, et a aller au supermarché le dimanche.
Tout comme avec notre apparence physique, nous devrions privilégier la stratégie du profile bas a celle du "tacticool". Cette stratégie implique non seulement de privilégier un véhicule d'une apparence ordinaire, c'est a dire un véhicule commun qui ne reflète pas une intention survivaliste (4x4 spécialisés et/ou chères avec les bidons d'essence et les pèles sur le toit), mais aussi une apparence "j'ai rien de spécial dans ma caisse".
D'une manière générale et optimale, notre véhicule d'évacuation devrait:
- Etre assez grand pour transporter notre famille
- En plus de notre famille, être assez grand pour transporter 72 heure de matériel et de ressources (essence, eau, nourriture, thermorégulation, outils, kit de premiers soins etc...)
- Etre le plus efficace possible en terme de consommation
- Etre fiable et robuste
- Etre bas profile (pas de flammes sur les portes et de .50BMG sur le toit)
- Pouvoir tirer une remorque si besoin (pour les familles plus large)
- Posséder 5 portes (on veut être capable de rentrer et de sortir du véhicule ou d'accéder aux passagers le plus vite possible)
Le gros avantage de la voiture est donc la possibilité de pouvoir dynamiser son rôle: effondrement ou pas, elle devrait refléter notre environnement et nos besoins, et au cas ou être prête a évacuer notre famille…et d'avoir ici un support fiable et familier pouvant abriter notre famille, contenir des ressources, et nous permettre d'une manière relativement sécurisée de rejoindre un environnement stable.
Avoir un "kit voiture", dans une caisse en plastique ou un sac dans le coffre par exemple, est un excellent moyen d'avoir une base de matériel et de ressources présente 24/24h dans le véhicule. C'est autant de matériel vital que nous n'aurons pas a chercher, organiser, contenir et charger au cas ou nous serions forcés d'évacuer notre environnement le plus vite possible.
Notre kit voiture...
Cette organisation simple et peu couteuse de kit voiture peut largement faire la différence dans une situation ou fuir notre grotte doit être immédiat et sans appel (Fukushima, émeutes, feux de forets etc…), ou dans une situation imprévue lors d'un trajet comme un accident de la route ou une panne…dans les bois…seul et dans la nuit noire…
Le kit voiture peut être extrêmement complexe, large, personnalisé et réfléchit, comme il peut être basique et ne s'intéresser qu'a l'urgence:
- Eau (72 heures)
- Nourriture (72 heures)
- Vêtements pluie / chauds
- Couverture en laine / sac de couchage
- Cartes routières
- Lampe torche
- Extincteur d'incendie
- Pèle
- Couteau
- Corde
- Bâche
- Kit de premiers soins
- Gants de travail
- Petite radio a pile ou dynamo
- Matériel de maintient du véhicule
Bien sur, une voiture ne peut pas fonctionner sans essence. Une discipline importante et pourtant souvent ignorée est ici de systématiquement conserver un minimum d'essence dans la voiture, et de faire le plein régulièrement.
La stratégie la plus commune est de toujours avoir a notre disposition la moitié du réservoir plein.
Cette stratégie n'est pas uniquement basée sur la probabilité d'évacuation, mais va aussi regrouper les situations d'urgences médicales, les situations de pénuries de carburant, ou plus bêtement le quotidien.
Je ne sais pas pour vous, mais quand mon épouse sort le soir pour aller boire un verre avec ses copines, je veux éviter qu'elle soit forcée de s'arrêter a une station essence sur le bord de la route a minuit. Le survivalisme, c'est avant tout "de ne pas être la quand ça arrive", et de limiter le plus possible notre exposition aux problèmes.
L'urgence médicale est aussi une possibilité qu'il nous faut penser.
Pendant l'ouragan Sandy a New York par exemple, certains hôpitaux ont été condamnés a évacuer puis fermer leurs portes. Si vous pensez que l'hôpital le plus proche n'est qu'a 5 kilomètres de chez vous, peut être que dans une situation d'urgence, celui-ci sera maintenant a 40 kilomètres…pas cool si papa s'est coupé le bras avec la tronçonneuse: "attends chéri il faut que je fasse le plein…ça va la t'a pas trop mal ?"
Accident de tronçonneuse durant l'ouragan Sandy.
Rappelons aussi que les stations essences sont totalement dépendantes du réseau électrique pour fonctionner…et qu'elles sont généralement les premières touchées par "la panique".
Dans une situation d'évacuation, il est toujours préférable de pouvoir mettre de la distance entre soi et la situation douteuse, que de devoir s'arrêter d'abords pour faire le plein…pareil avec une situation d'urgence médicale.
Dans ce contexte, nous pouvons aussi organiser une petite réserve d'essence (l'autre moitié du réservoir) au domicile, et se donner les moyens de pouvoir ravitailler notre véhicule avant l'évacuation ou en route. Pas besoin de 500L ici, 20 ou 30 Litres peuvent largement faire la différence entre ne pas pouvoir évacuer une zone dégradée et dangereuse, et atteindre un endroit sécurisé ou un point de chute choisit a l'avance, comme le domicile d'un parent par exemple.
Le plus gros problème de l'évacuation en voiture reste donc les embouteillages pour une évacuation massive et urbaine, et les routes coupées, interdites ou impraticables.
Les deux options principales restent:
1- La navigation, et l'étude, en amont, des routes alternatives
2- L'évacuation au départ du problème
L'anticipation des routes impraticables va souvent pousser le survivaliste a choisir un véhicule 4x4 "tout terrain"…mais la réalité de l'univers du 4x4 est souvent tristounette et décevante, a moins d'avoir un truc "Paris-Dakar" de la mort qui tue, ce qui violerait sans doute notre règle "profile bas", et bonjour le budget.
Nous avons personnellement un "4x4", pour la neige et tout, mais les limites du possible sont établies et irrévocables: un poteau électrique en travers de la route avec un fossé de 2 mètres sur les cotés , j'ai beau avoir un 4x4…c'est mort.
Le fait est que l'outil le plus viable ici n'est pas nécessairement les aptitudes de notre véhicule a bouffer du cataclysme, mais notre aptitude a la navigation, a l'adaptation, et a la connaissance des routes alternatives.
Si le conducteur devrait être capable de négocier la route, le travail du navigateur est primordial, et je ne dis pas ça que parce que je suis le navigateur dans notre couple !
Posséder des cartes routières et les connaissances basiques pour pouvoir les interpréter devrait être une stratégie d'évacuation a part entière.
L'évacuation massive est toujours porteuse de cette dimension d'embouteillages insurmontables. L'étude des routes alternatives en amont reste un moyen de peut être éviter la torpeur angoissante de se retrouver a partager un autoroute avec 3 millions d'automobilistes largement sous équipés, énervés, désorientés…
Si vous avez assez d'essence dans votre véhicule, Mr. et Madame Dupont, devant, derrière, a gauche et a droite de vous, vont généralement ne pas être au courant de la règle du réservoir a moitié plein !
Bref, marche ou crève.
Une autre solution est de partir avant tout le monde…c'est le "see ya fuckers…j'écoutais déjà France info."
Même si le survivaliste a ici un avantage certain sur ses camarades de paliers: la voiture est prête, le sac d'évacuation est prêt, les enfants ont déjà leurs pyjamas Camo et mémé ses Nike, le fait est que souvent le signal de départ est inaudible ou ignoré.
La réalité de l'évacuation massive est trop souvent que nous serons, prêts ou non, vigilants ou non, confrontés a la masse.
Au final, la voiture d'évacuation idéale n'existe pas vraiment. Ce qui la rend pertinente est sa nature, si possible adaptée a nos besoins et notre environnement, son potentiel, c'est a dire ses capacités a nous transporter et transporter du vital le plus économiquement possible, et notre implication, c'est a dire le travail que nous avons fait en amont: essence, kits, navigation, plan d'évacuation, études des routes, points de chutes etc…
5- Véhicules lourds - la base mobile:
L'univers des véhicules lourds dans le contexte d'une évacuation retiendra approximativement les mêmes inconvénients que ceux de la voiture:
- Dépendance a l'essence (généralement, plus c'est gros plus ça a soif)
- Dépendance a la fluidité et au maintient des axes routiers
Avec en plus et selon le système une dimension parfois incontournable de haute visibilité.
Cependant, les avantages peuvent ici devenir intéressants pour les familles nombreuses et aux besoins beaucoup plus lourds, pour les personnes âgées ou avec certaines difficultés motrices, et pour les personnes voulant construire, ou intégrer a leur stratégie, une "base mobile".
Vans, camions, bus, camping-car, caravanes…sont autant de véhicules lourds pouvant abriter une famille toute entière et offrir une coquille largement capable de protéger, coucher, nourrir, laver etc. une multitude de personnes sur des durées plus ou moins importantes selon le système et le niveau d'organisation.
Ayant moi même eu l'occasion de dormir pendant prêt d'un an dans une petite caravane, mais aussi de vivre sur la route en utilisant un van, il me faut reconnaitre que cette stratégie, si elle n'est pas compromise par une pénurie d'essence ou l'impraticabilité des routes, est totalement séduisante.
Un de nos camps sur la route...
Nous pouvons ici maintenir un confort important, et ceci sur des durées intéressantes:
- Stockes d'essences
- Réserves de nourriture, d'eau, d'outils et de matériel
- Intégration d'un système solaire
- Cuisine "lourde" (marmite en fonte, vaisselle, lavabo etc.)
- Couchage 4 saisons et tout confort
La liste d'avantages et de possibilités est imposante lorsque nous considérons le contexte de notre situation. Si j'avais des enfants par exemple, le van tout équipé serait sans aucun doute une des première stratégie qu'il me faudrait envisager, sans compter la nature utilitaire de ce système pour aller camper, explorer le pays pendant les vacances ou transporter du matériel au quotidien.
Nous pouvons ici intégrer a nos points de chutes la totalité des terrains de camping sur notre continent, ou simplement nous perdre sur une petite route de campagne et construire un camp pouvant largement s'auto suffire pendant des jours, voir des mois…
Le premier véhicule que j'ai acheté en arrivant aux US a été un Ford Econoline Cargo, avec une méthode souple intégrée: un vélo.
Une autre destination peut être moins directe qu'une fuite telle que nous l'avons décrite plus haut, peut ici voir la base mobile devenir notre domicile dans le cadre d'un effondrement économique a l'échelle personnelle, ou nationale.
La monnaie fiduciaire de votre pays ne vaut plus rien et vous perdez votre travail ?
Vous ne pouvez plus payer votre loyer ?
Vous perdez votre maison ?
Votre époux ou votre épouse vous envois brouter ?
Pas de problème.
6- Méthodes alternatives:
Il m'est impossible de parler de l'univers du véhicule d'évacuation sans parler de méthodes pouvant être moins traditionnelles que les trucs a roues.
Bon nombre de survivalistes de part le monde se sont par exemple tournés vers les axes fluviaux pour planifier leurs stratégies d'évacuations.
Si les routes ont une forte chance de devenir des "zones dortoirs" durant l'évacuation massive d'une ville de plus de 100 000 habitants, les rivières, les fleuves, les mers et basiquement n'importe quelle route "H2o" devrait attirée notre attention lorsqu'il est question de fuir une zone sous tension.
Du simple canoë capable de transporter un matériel important a la péniche équipée, le "truc qui flotte" est une stratégie d'évacuation, et pourquoi pas de base mobile, extrêmement intéressante et offrant des avantages considérables.
Quelques innovateurs en la matière ont par exemple construits des maisons flottantes et mobiles abritants des jardins de permaculture sur le pont, des systèmes de récupérations, de filtrations et de purification d'eau, des systèmes solaire etc.
Sans aller jusqu'à la maison flottante, les petites embarcations peuvent largement remplir le rôle d'un "véhicule d'évacuation", et cette stratégie peut d'ailleurs être la seule méthode valable pour les zones touchées par de fortes inondations.
D'autres méthodes alternatives utilisants certains animaux peuvent être employées. Le cheval, l'âne, le chameau, le lama, l'alpaca et même les chiens de traineau sont des méthodes de déplacement a parts entières et pouvant intégrer nos stratégies d'évacuation…encore faut-il avoir une de ces bêtes dans le jardin et ne pas être allergique.