jeudi 9 octobre 2014

Sauver des Vies - Le Trauma Kit




1- Pansement Compressif OLAES 4"



2- Eponge hémostatique (QuikClot)




3- SOF Tactical Tourniquet - W (Wide)



4- Pansement occlusif / non-occlusif


5- Le matériel de Support
- Adhésif (Duct Tape)
- Gants Nitrile (x2)
- Paire de Ciseaux d'Urgence
- Sharpie



6- Les Options
- Canule Nasopharyngée de 28FR
- Z-Pack
- Frontale



dimanche 5 octobre 2014

L'Art du Futur



Il y a environ 12 000 ans, notre espèce abandonne peu a peu une stratégie de subsistance jusqu'ici principalement basée sur le prélèvement, pour s'intéresser a la production et développer, au travers de l'agriculture et de l'élevage, un rapport a la nourriture et l'alimentation d'une nature radicalement différente.





Pour le survivaliste, les notions de subsistance et plus largement de Résilience Alimentaire, l'amènent systématiquement a explorer des stratégies souvent complémentaires telles que le stockage de nourriture, la préservation, l'élevage, la chasse, la pèche, la cueillette ou encore la mise en place d'un jardin potager familiale ou local pour non seulement optimiser son niveau d'autonomie et de résilience dans le cadre d'une rupture ou d'un effondrement de la normalité (perte de l'emploi ou chômage systémique, maladie grave ou un quelconque événement climatique, politique, économique…), mais aussi pour construire de la stabilité, de l'indépendance et de la cohérence face a un système productif aujourd'hui largement révoltant, absurde et non-durable.

Culture intensive, monoculture, élevage en batterie, pesticide, insecticide, fongicide, destruction massive des sols et de la bio-diversité, gaspillage, déforestation, modifications génétiques…la logique de subsistance appliquée ces quarante dernières années par notre espèce est malheureusement catastrophique.







Malgré ce constat tragique aujourd'hui criant, nous restons, collectivement, dépendant de cette machine alimentaire cauchemardesque, et pour beaucoup, les victimes d'une déconnexion calculée quant a notre alimentation.

En ce sens, la notion large de Résilience Alimentaire est bien plus qu'une démarche "Survivaliste" axée sur l'anticipation d'un événement dramatique…elle devient, plus ou moins subtilement et selon les intentions, une force capable d'influencer la stabilité de nos écosystèmes, de réduire le gaspillage (notamment hydrique), d'améliorer la qualité de notre nourriture, de redéfinir nos stratégies agricoles a l'échelle locale mais aussi globale, de redonner une dimension humaine a la production, ou encore de faciliter la connexion avec notre nourriture.




Notre stratégie de production familiale repose principalement sur 3 axes que nous développons et optimisons chaque année un peu plus:


1- Le Lien Social



Le lien social est pour nous une stratégie essentielle a la construction d'une résilience non seulement alimentaire, mais aussi et surtout locale et communautaire.

Le lien social nous permet de rencontrer les acteurs vitaux de notre économie locale, et plus précisément les fermiers, les éleveurs et les agriculteurs, avec qui nous échangeons parfois notre temps et nos compétences pour des produits spécifiques capables d'être conservés dans des quantités suffisantes pour ne pas avoir a dépendre de la machine "importation" durant l'hiver.



L'été, ce lien local nous approvisionne en variétés de plantes et de produits que nous ne pouvons ou ne voulons pas produire par nous même: lait, fromage de chèvre, oeufs, laine de mouton, miel, viande, blé, légumes demandant un espace important etc.

Contrairement a l'idée reçue concernant la production, il n'est pas nécessaire de posséder et de travailler 50 hectares de terre fertile pour faire vivre une démarche de résilience alimentaire familiale…échanger et tisser des liens avec nos producteurs locaux peut pleinement contribuer a cimenter une intention d'autonomie et de résilience alimentaire saine et cohérente.



Cette année, nous avons par exemple réintégré un principe d'élevage communautaire avec nos amis fermiers. En échange de nos restes quotidiens et de mes connaissances et compétences en charpenterie, ils ont élevé un cochon pour nous que nous avons tué puis préparé avec l'aide d'un boucher.

Pour un investissement minime et surtout en dehors du paradigme monétaire, cette viande saine et locale va nous nourrir tout l'hiver…



Outre le cochon, nous avons aussi pu bénéficier de leur production potagère importante, en récupérant les légumes ne pouvant pas être vendu sur le marché local: trop gros, trop petit, pas assez ceci, pas assez cela...



2- Chasse, Pèche et Cueillette



Ces 3 soeurs, dont nous sommes les héritiers, sont primordiales a notre production familiale: fruits sauvages, plantes sauvages, champignons, petit gibier, gros gibier et poissons…c'est un lien constant et direct que nous entretenons entre le milieu naturel et notre table.

Ces stratégies de subsistances basées sur le prélèvement ne peuvent prétendre assurer une sécurité alimentaire familiale absolue et systématique de part leurs natures saisonnières, mais il reste très facile pour moi, dans mon environnement, de remplir le congélateur tous les ans, et donc d'être capable de refuser de participer a la folie ambiante concernant l'élevage et plus largement la manière dont nous considérons les animaux aujourd'hui.

Poulets de batterie, cochons aux hormones et saumons aux antibiotiques ne sont pas pour nous des options valides, tant dans leurs expressions éthiques que nutritives. 



De ma fenêtre, si il me faut manger de la viande, je me dois de renouer avec mes racines, et de revisiter la vigueur primitive de l'élevage a petite échelle, de la chasse et de la pèche…et si cet exercice d'humilité n'est pas concluant, nous préférons ne pas manger de viande que celle produite dans les usines du monde.

De ma fenêtre toujours, la possession, a l'échelle familiale, d'une canne a pèche, d'un fusil de chasse et d'une carabine de chasse, est directement liée a la capacité de pouvoir nourrir sa famille, et en ce sens, l'interdiction de ces outils de subsistance est selon moi une atteinte fondamentale a la résilience familiale et la possibilité de pouvoir sortir de l'engrenage productif et économique actuel et futur.



Si aujourd'hui c'est la carabine de chasse qui veut être interdite par les gouvernements du monde, demain ce sera le râteau et les tonneaux de récupération de pluie. Tout est lié, et il nous faut minutieusement conscientiser ce que représentent certains droits et leurs liens a la subsistance, la résilience, l'indépendance et finalement la Liberté.



La sphère de la cueillette est elle aussi importante pour nous…et ces moments passé a renifler les bois locaux sont indéniablement des moments privilégiés tant pour l'intimité silencieuse qu'ils apportent a notre couple, que pour la connexion au naturel qu'ils nous offrent.



3- Le Jardin



Si le Jardin potager de nos grands-parents reflétait l'expression d'un besoin primaire de "mettre a manger sur la table" le plus efficacement et simplement possible, sa nature est aujourd'hui bien plus complexe et peut être importante, si nous considérons que seulement 2% de la population mondiale nourrit les 98% restant.

Notons aussi que le capital mensuel d'une famille moyenne a l'époque de nos grands-parents était investie a 80% dans la nourriture. Aujourd'hui, selon les environnements, 80% de notre capital mensuel est utilisé pour payer le loyer de nos appartements et maisons.



Hier…la nourriture était partout. Dans nos placards, nos caves, nos jardins, aux abords des villes et dans nos campagnes. Nos grands-parents la pensait, la cultivait, la préservait et la stockait.

Aujourd'hui, les grandes révolutions agricoles, l'urbanisation massive, le développement des hypermarchés, le pétrole bon marché et avec lui la mécanisation, la réfrigération et la distribution de masse, ont, entre autre, totalement changé la dynamique de production a l'échelle familiale: nous ne cultivons plus, nous ne préservons plus et nous ne stockons plus. 



Les petites entreprises agricoles, aux échelles humaines, ont été remplacées par d'immenses monocultures mécanisées, par d'immenses tentacules de productivité gouvernés par le profit et le brassage de quantités astronomiques d'aliments douteux poussés dans les villes par un flux tendu de camions, d'avions, de bateaux et de trains.

D'une manière générale et généralisée, la nourriture n'est plus vivante dans nos placards, nos jardins sont devenus des pelouses inertes et stériles, les périphéries de nos métropoles de vastes citées dortoirs, et nos campagnes sont systématiquement désertées.



Cependant, force est de constater qu'une transformation s'opère, notamment dans certaines villes et pays, ou les citoyens, poussés a bout par la logique de croissance absolue et en difficulté économique, se retranchent de plus en plus dans une dynamique de subsistance familiale et de production locale.

En Grèce, au Portugal, en France, en Angleterre et dans des grandes villes fatiguées comme Detroit, Athene ou encore Lisbonne…une transition s'affirme.








Locataires, notre champs d'action concernant la production potagère reste limitée a la bonté, l'ouverture d'esprit et la tolérance de notre propriétaire.

Il est parfois frustrant de travailler un projet de production familiale dans ces conditions "féodales", mais les restrictions sont parfois la source d'innovations qu'il nous faut savoir développer.

Notre jardin est un espace modeste de 4,5 mètres par 3, accolé a la maison sur le versant sud. A l'origine, il était destiné a enfermer le chien du propriétaire, et ses remparts en bois et en grillage servent aujourd'hui a protéger notre production des animaux alentours.



Puisque l'espace en lui même ne permet pas une production traditionnelle, en rangées et a même le sol, nous avons décidé de travailler sur des bases capables d'organiser notre production le plus efficacement possible. Divisés en zones, le jardin est un agencement de contenants et de lits en bois.



Notre priorité quand au développement d'une production potagère familiale a été l'eau. Apres tout, et qu'il soit question du milieu urbain ou rural, l'irrigation reste un enjeux pilier de la production agricole, et pour rester cohérent dans notre intention d'autonomie et de limiter notre impact sur le gaspillage de l'eau et la qualité de nos aliments, nous avons relié au toit un tonneau alimentaire de 208 Litres pour récupérer l'eau de pluie.  



Notre région permet la culture a sec. Bon nombre de champs de blé locaux par exemple ne sont pas irrigués, avec des précipitations régulières durant tout l'été.
Même si dans l'absolu je préférerai doubler voir tripler nos capacités de récupération, un seul tonneau aura été suffisant pour venir alimenter notre petit jardin pendant la courte saison de production qu'est la notre.

La deuxième étape a été de planifier l'emplacement et la taille des lits et des contenants, en prenant en compte la course du soleil, les vents dominants, et notre interaction avec le jardin.









Le reste n'a été qu'une question d'organisation végétale par familles, penchants et talents, selon nos observations et expériences antérieurs:

- Les tomates se plaisent au milieu des plantes aromatiques, surtout le basilique et la menthe.
- Les salades se plaisent a l'ombre des haricots grimpants.
- Les haricots aiment l'humidité que fournissent les courgettes.
- Les poivrons aiment la chaleur indirecte d'un mur ensoleillé.
- Et toutes et tous aiment la visite des abeilles attirées par les fleurs.





Le lit surélevé qui abrite les plantes aromatiques et la tomate a été posé légèrement penché pour que l'eau se glisse naturellement vers la menthe et la tomate…créant une déclinaisons hydrique et une sorte de micro climat entre les plantes préférants un sol sec, thym, romarin etc, aux plantes préférants un sol humide.

La aussi la réflexion solaire passive du mur de la maison est utilisée pour venir nourrir les plantes plus arides, ainsi que l'utilisation de pierres parsemées au milieu de ces plantes. Ces pierres emmagasinent la chaleur la journée, puis la restitue le soir, prolongeant légèrement l'intensité thermique au couché du soleil et créant d'autres micros climats.







Le lit en carré a même le sol a lui été divisé en zones pour optimiser son rendement. Cette organisation est fantastique pour une multitude de raisons que je nomme "les 7 Samurais":

1- Il limite le compactage du sol: nous ne marchons pas dans le jardin.
2- Il optimise le rendement et l'espace: les variétés sont plantées plus proches les unes des autres.
3- Il optimise la saison de croissance car la terre surélevée est plus a même d'emmagasiner la chaleur en tout début de saison, et en fin de saison.
4- Il réduit le gaspillage de l'eau: l'arrosage est canalisé et maximisé sur la production. De plus, et puisque la terre n'est pas compactée, elle est donc capable d'absorber l'eau plus facilement et efficacement pour venir nourrir les plantes.
5- Il permet d'optimiser facilement la nature de la terre: nous y mettons ce que nous voulons.
6- Il optimise et facilite l'association de familles de plantes, et donc l'interaction entre les qualités de chaque familles, et aussi la rotation de la production: l'inverse de la monoculture.
7- Il permet l'adaptation. Un lit peut être dimensionné a nos besoins ou a notre environnement (petit espace, grand espace, balcon, cour intérieur…). De plus, cette méthode facilite le jardinage pour les personnes a mobilité réduite ou âgées, en réduisant l'effort et l'impact physique d'une agriculture traditionnelle sur nos corps.











Pour ce qui est du rendement cette année, notre petit jardin a produit plus de 40 kilos de légumes, avec par exemple 63 courgettes, 8 salades, 19 poivrons, 33 betteraves, 39 tomates sur une seule plante, et un peu plus de 6 kilos de petites pommes de terre locales et anciennes.












Du Jardin a la Table...


"Le plus bel art du futur, sera la construction d'une manière de vivre confortable sur un petit lopin de terre."
Abraham Lincoln